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SEQUOIA et « A quoi sert un arboriste grimpeur ? »

Réponse aux questions : « Présentation de l’association SEQUOIA et comment définir le rôle d’un « arboriste grimpeur » et à quoi sert-il ? » *

A) L’association SEQUOIA créée en 1990 par des arboristes – Elle existe depuis 25 ans : c’est l’âge d’une maturité établie.
Aujourd’hui les membres adhérents sont tous des opérateurs, c’est à dire des arboristes grimpeurs sélectionnés sur des critères qualitatifs.
Il s’agit de définir la vocation et les lignes de forces de notre philosophie :
1) Lutter contre les idées reçues qui circulent sur l’arbre et défendre l’intégrité de l’arbre d’ornement
2) Proscrire les pratiques mutilantes sur les arbres qui engendrent des conséquences funestes sur leur pérenité.
3) Interdire l’utilisation de produits issus de l’industrie chimique nuisibles pour la santé humaine et néfastes pour l’équilibre de l’environnement,
4) Préserver le patrimoine arboricole d’ornement situé sur les territoires publics et privés,
5) Accompagner les possesseurs d’arbres dans la compréhension et le respect de la charte de l’arbre, véritable outil de préservation du patrimoine arboricole,
6) Appliquer la réglementation des travaux en hauteur, favoriser la formation permanente au sein des équipes et diffuser les connaissances techniques et scientifiques auprès des collaborateurs de nos entreprises,
7) Fournir au public des clefs de compréhension intelligibles et tenir un discours clair afin de rendre visible un métier-passion consacré à la célébration du vivant,
8) Respecter et comprendre l’altérité de l’arbre, car c’est un système vivant,
9) Transmettre et communiquer la nécessité de conserver notre patrimoine arboricole car, « les arbres sont des êtres vivants, ils sont nos protecteurs » (Francis HALLE)

B) Qu’est ce qu’un arboriste grimpeur et à quoi sert-il ? L’arbre et l’élagueur : un mariage impossible !
L’arbre est système vivant qui a émergé sur la terre il y a environ quatre cent vingt millions d’années. L’arbre a précédé la naissance du premier dinosaure de 100 millions d’années. On peut donc en déduire que l’arbre a développé au cours de ces dizaines de millions d’années des capacités d’adaptation associant sa pérennité à des stratégie de défense et d’assimilation symbiotique avec son entourage.
Prétendre qu’un arbre a besoin d’être « entretenu » est l’expression d’un anthropomorphisme compulsif encadré par des exigences esthétiques.
S’il s’agit de justifier l’interventionnisme systématique des opérateurs pour apporter un « bien être » aux arbres, alors cette attitude témoigne d’une ignorance culturelle appuyée par une vulgate héritée du passé.
Croire que l’arbre a besoin de la main de l’homme pour durer, exister et prolonger son espérance de vie est une vision obscurantiste du monde.
Seul l’arbre à vocation ornementale, installé au coeur de nos environnements urbains, exige l’observation avisée de l’arboriste.
Dans cette optique, l’arbre devient un hôte singulier qui nécessite notre attention vigilante. Nos connaissances pluridisciplinaires se mettent au service de son existence et de son développement : quelle essence choisir, où le planter, à quel moment, comment le planter, à quel âge, comment le choisir, quelle pépinière d’élevage sélectionner, respecter les protocoles de plantation, fosse, trou de plantation, taille de formation, nature du sol, espace réservé à son déploiement racinaire, à son évolution spatiale, comment conduire son développement …….
L’arboriste est un opérateur de terrain dont l’intervention consiste à conduire ou à contraindre le déploiement de l’arbre dont la vocation est de se reproduire et de coloniser l’espace.
Mais cette « conduite accompagnée » ou cette « contrainte raisonnée » doit se réaliser sur la base de la connaissance du système ontogénique de l’arbre. Lorsque l’intervention de taille s’effectue sur les unités de croissance annuelle portées par les ramifications arborescentes, l’arbre ne subit aucun traumatisme susceptible de perturber son équilibre. En revanche, les mutilations excessives, récurrentes et systématiques qui se traduisent par des ablations sur les axes et la suppression totale de la surface photosynthétique (le feuillage), ont le plus souvent pour effet d’installer l’arbre dans une spirale funeste du déclin.
Le rôle de l’arboriste grimpeur est déterminant dans le développement pérenne de l’arbre d’ornement, car l’action de taille est subordonnée à une connaissance scientifique du système biologique qui gouverne son développement. L’opérateur s’inscrit donc dans une démarche volontaire d’acquisition de connaissances. Son parcours professionnel est jalonné par une recherche constante d’informations relayées par les centres de formation, la culture et la littérature scientifique, les chercheurs, les blogs, les réseaux sociaux …..
Animé par cette réalité, l’arboriste devient un acteur incontournable dans la préservation du paysage arboricole. Or, il est trop rarement sollicité par le public et les représentants institutionnels. Il suffit de constater les dégâts irréparables causés aux arbres pour en déduire que l’incompétence est le résultat nécrophile d’un opérateur néophyte ou « d’un coupeur de branche dépressif ».
Comment expliquer cette vision triste du monde ? Pour quelles raisons la laideur engendrée par l’ignorance est-elle présentée comme une réalité normée et répétitive ? Faut-il envisager une réponse dans l’absence de réglementation de notre métier ? Est-elle seule responsable comme étant le résultat d’un manque de visibilité claire et intelligible pour un public non éduqué, non averti et non concerné ?
Nonobstant, un arboriste grimpeur apporte ses connaissances pour réaliser des tailles et des soins aux arbres dans une optique prophylactique.
L’arbre joue un rôle primordial au coeur de nos territoires densément urbanisés. Il n’est plus possible pour les « élagueurs circonstanciels » et les donneurs d’ordres impécunieux de se réfugier derrière les panneaux opaques de l’incompétence. A la lumière des facilités offertes par l’existence des réseaux de toute nature pour obtenir des connaissances éclairées sur le « monde vivant que représente l’arbre », il n’est plus possible de plaider l’ignorance.
Faites confiance aux arboristes référencés chez SEQUOIA : ce sont des hommes et des femmes soucieux de préserver un patrimoine végétal parfois mal aimé.